La Universidad de Extremadura vue par un Français
Ah la fac espagnole ! C’est complètement différent de la fac en France, ou en tout cas de celle de Paris.
En première année, on choisit une “carrera”, c’est-à-dire une filière (histoire, sciences commerciales, philologie portugaise, etc.). Le premier diplôme, la “licenciatura”, s’obtient au bout de 5 ans d’études (et non 3). Durant ces 5 ans, on suit des matières (sans blague !) qui se divisent entre matières obligatoires (“obligatorias”) et facultatives (“optativas”). Les premières sont indispensables pour avoir la “licenciatura”, les autres sont pour passer le temps, pour se cultiver ou pour apprendre plus de choses. On termine la “carrera” quand on a obtenu tous les crédits des 5 ans, mais on n’est pas obligé, même si c’est mieux, de les obtenir en 5 ans.
Maintenant, ce qu’il faut savoir, c’est que les cours ne sont pas gratuits. Lorsque l’on s’inscrit à des matières pour la première fois, on paye à peu prêt 60 euros par matière (et seulement pour les matières, il faut ensuite ajouter les frais administratifs pour avoir le prix total de l’inscription). Mais si on s’inscrit à une matière que l’on n’a pas réussi à valider la première fois, on doit payer, l’année suivante, en plus des matières de la nouvelle année, une inscription “de deuxième configuration” : dans ce cas, le prix est de 10,45 euros par crédits. Si la matière vaut 4,5 crédits (ce qui correspond au nombre de crédits d’une matière standard), alors on paye à peu près 47 euros juste pour cette matière. Si, comble de malchance, on rate une deuxième fois la matière, alors on s’y réinscrit l’année d’après une troisième fois, et dans ce cas le prix est de 15 euros par crédits (donc 67,5 euros pour une matière à 4,5 crédits). Il vaut donc mieux éviter de “redoubler” une matière trop souvent.
Les cours sont uniquement des cours magistraux, il n’y a pas de travaux dirigés comme à Paris. Mais les amphis sont beaucoup moins peuplés. En troisième année d’histoire, il y a au maximum une trentaine d’étudiant. Du coup, le prof peut se permettre de faire un cours magistral assez libre, et en général, il adore faire participer les élèves (surtout les Erasmus). Donc le cours espagnol est un mélange entre le cours magistral et les travaux dirigés français.
Les profs sont très proches des étudiants. Il ne se passe pas 1 heure sans qu’un prof au savoir immense raconte une blague qu’il a entendu dans son village le week-end dernier. Entre étudiants, on parle d’eux en les appelant par leurs noms de famille (et encore, pas tous), mais en cours, il faut les appeler par leurs prénoms, sinon on passe pour quelqu’un de coincé. La proximité étudiant/prof va si loin que certains profs ne conçoivent même pas qu’un élève le vouvoie. En ce qui me concerne, tous les profs n’insistent pas pour qu’on les tutoie, mais si ça arrive par erreur, il ne se passe rien, à par moi qui suis gêné parce que je me suis trompé de personne. Les Espagnols partent du principe que l’année universitaire est suffisement longue pour qu’on se tutoie entre élèves et professeurs. Et comme le disent les profs eux-mêmes : le respect se montre d’autres façons, comme en écoutant sagement les cours sans parler.
/image%2F1037798%2F20140508%2Fob_1abe58_erasmus-caceres-2014.png)